Direction de la communication et des relations publiques Tél. 04 90 49 37 92

Arles agenda

L'Oeil de... David Brunel

Conférence / Débat / Colloque - Le 31 janvier 2019

L'Oeil de... David Brunel

Deuxième séance autour de l'exosition L’automne du paradis. Jean-Luc Mylayne
— De la patience comme instantané —

Martin Heidegger énonce dans L’Origine de l’œuvre d’art (1935) que « le caractère de chose est même à ce point dans l’œuvre d’art qu’il nous faut plutôt dire : le monument est dans la pierre ; la sculpture sur bois est dans le bois ; le tableau est dans la couleur [...] ». Par extension, nous ajouterons que toute photographie se trouve déjà dans le monde en ce sens que, d’un point de vue purement physique, les images photoniques émanent continuellement des choses. Images éthérées, aériennes, sans cesse émises par leurs objets, pareilles à des « membranes » envolées — que Lucrèce, dans De Rerum Natura, désignait sous le nom de corpora —, des images qui, à l’état sauvage, en amont de la capture photographique, virevoltent dans le monde.

De ce monde physique des photons à celui poétique de la contemplation, il n’y a qu’un pas que les images de Jean-Luc Mylayne invitent manifestement à franchir. Telle est la voie que l’œuvre singulière de cet artiste de la patience et de la temporisation ouvre. Cette dernière nous invite à nous poster en silence face à ces pures images dans l’espoir de libérer ces oiseaux du regard, dans l’espoir de retrouver l’état volatil qui a été le leur, pas simplement en tant qu’oiseaux, êtres volants, mais essentiellement en tant que parcelle de monde, bouts de temps qui, avant d’être devenus lumière sèche, ont été « air-lumière ». L’œuvre de Jean-Luc Mylayne, à travers le référent oiseau, simplement, et l’utilisation du médium photographique, techniquement autant que humblement, a réveillé en nous une dualité, un tenseur, mouvement / fixité, lequel sera pris comme point d’appui pour interroger cette œuvre profonde, touchante, ancrée dans le monde.

Nous avons ouvert cet abstract avec Heidegger, nous le refermons avec lui : « Seul ce qui se meut est susceptible de repos. Au mode de mouvement correspond le mode de repos [...]. Ce n’est qu’à partir de ce repos de l’œuvre que nous commençons à entrevoir ce qui, dans l’œuvre, est à l’œuvre ». Voilà ce que, humblement, nous viserons, nous espérerons trouver auprès des « images oiseaux » de Jean-Luc Mylayne.

David Brunel est écrivain et photographe. Docteur en philosophie esthé- tique et études psychanalytiques, qua- lifié maître de conférences, il vit entre Arles et Amsterdam. Il dispense des cours en philosophie esthétique, histoire de l’art, histoire de la photographie et analyse critique dans diverses universités et écoles supérieures d’art.

Publications personnelles :
> Avec les cils comme rideaux, éd. de l’Épair (Poésie en prose autour de la question de la représentation, juin 2019)
> La Photographie vue de dos, éd. l’Harmattan,
coll. Ouverture Philosophique (2015)
> Limons, éditions Loco (2014)
> Pour un voir en fuite, éditions de La Nuit (2013)
> La Photographie comme métaphore d’elle-même,
éd. l’Harmattan, coll. Ouverture Philosophique (2012)
> Au bord du visible, l’indicible, éditions de La Nuit (2010)

Lieu : Fondation Vincent van Gogh Arles

Date : jeudi 31 janvier 2019

Heure : 18h30-20h

Téléphone : 04 90 93 49 36

Courriel : reservation@fvvga.org

Site internet : www.fondation-vincentvangogh-arles.org/p-ateliers/adultes/histoire-de-lart/

Tarif : Gratuit sur inscription par email reservation@fvvga.org